jeudi 18 mai 2017

Le Vieux Paris d'Albert Robida à l'Expo 1900... en Couleur...

On en reparle régulièrement, et pour cause, le Vieux Paris reconstitué à l'Exposition universelle de 1900 à Paris par Robida a été une réussite et un succès incontournable de cet événement, qui à reçu pas moins de 51 millions de visiteurs !

On imagine la surprise des visiteurs, débarquant au Pont de l'Alma, à la découverte de ce Vieux Paris qui s'étendait sur 260 mètres de longueurs, jusqu'à la passerelle DeBilly !

Pour terminer de s'en convaincre, voici deux magnifiques plaques de verre colorisées, qui nous rendent parfaitement l'ambiance et l'aspect de cette reconstitution qui fut l'un des clous majeurs de cette Exposition de 1900.

Tout d'abord la Porte St Michel, l'entrée amont du Vieux Paris, au XIVe siècle. Bien sûr, la visite était payante, d'où les guichets situés à l'entrée. Comme beaucoup de choses à l'époque, les tarifs variaient en fonction des jours, mais aussi de l'heure de la journée.
Certains visiteurs traversaient pour le plaisir le Vieux Paris, qui représentait un agréable raccourci pour rejoindre le Champ de Mars, en empruntant la sortie aval du Vieux Paris, qui permettait de traverser la passerelle DeBilly et de déboucher sur la rive gauche dans le Palais des Armées de Terre et de Mer.


Cette second vue est prise dans la quartier moyen-âge, avec façades en front de Seine. Il s'agit de la Rue des Vieilles Ecoles, avec ses demeures de parisiens célèbres.
De gauche à droite, on trouve la Tour du Collège Fortet, la Maison de Théophraste Renaudot, la Maison de Nicolas Flamel, le célèbre enlumineur, et la Maison de Molière avec son poteau cornier.
Et sur la droite le Restaurant du Pré aux Clercs.

Bonne balade aux Vieux Paris !


mercredi 26 avril 2017

Original de Robida... dans Thélème (de Maurice Chevais)

Vu en ce moment sur Ebay, un rare exemplaire de Thélème, par Maurice Chevais... et richement illustré par Robida !


...et surtout un dessin original de Robida, à la plume ! (id. p172)


...sans oublier un autographe de Maurice Chevais, en date du 30 janvier 1936, à Monsieur Rossi.



Le prix demandé nous semble un peu élevé, mais n'hésitez pas à aller faire une offre :


Thélème. Un prologue et quatre actes. 60 illustrations de Robida.
‎Albert Messein, éditeur. 1920. Grand in-8° broché. Couverture illustrée par Robida. 190 pages. E.O.
1a 40 sur papier verge d'arches avec dessin original de A Robida
1/600 sur vergé bouffant.‎Reliure avec couverture conservee. 

lundi 24 avril 2017

Elections ? On prend les mêmes… et on recommence !

Les Grands Jours de la Vie, par A. Robida.

Rien ne change en politique, Albert Robida pourrait en témoigner !

… Grand succès, j’ose le dire… je suis seulement traité de voleur et de crapule, et accusé d’avoir, dans ma jeunesse, détourné des fonds à moi confiés, ainsi qu’une demi-douzaine de mineures… je ne reçois que divers trognons et un petit banc sur la tête, j’ai visiblement la faveur de mes électeurs, je serai nommé !



Et bien sûr, toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes, ayant existé, ou à venir, ne saurait être que fortuite… ou pas !

mardi 11 avril 2017

Connaissez-vous le Vautour de Prusse ?

Dans la très grande "production" d'Albert Robida, Le vautour de Prusse est certainement assez atypique. Il se situe au carrefour de nombreux styles : portefolio de lithographie, pamphlet dénonçant les exactions allemandes, livre d'histoire, essai, recueil de caricatures... son format d'album In-Folio n'est pas sans rappeler la série sur les Villes Martyres, parue fin 1914, juste après les premiers crimes teutons.

Edité par G. Bertrand en 1918, c'est un grand album de 64 pages, à la sobre couverture grise et un peu triste, il renferme pas moins de 110 illustrations en N&B dans le texte, et surtout, 16 magnifiques HT couleur tirés à part... 1 par chapitre !

Je laisse la présentation de cet ouvrage à l'écrivain Georges D'Esparbès, qui en a rédigé le prologue :

Ma très ancienne et toujours renaissante admiration pour Robida et aussi peut-être ma réputation de "tambour" que je dois à quelques épithètes sonores, me valent le grand honneur de présenter aujourd'hui un nouveau livre de cet artiste génial.
Les hommes de ma génération de rappellent des beaux dessins inspirés qui nous présentaient, voici déjà quarante ans, la guerre future à peu près telle que nous la voyons de nos jours.
Bien avant les inventeurs, ce Visionnaire avait deviné les gigantesques batailles du « dessus » et du « dessous » ; avec une audace inouïe, sa plume nous traçait des silhouettes étrangement précises d’avions et de sous-marins mystérieux, qui sont à l'heure présente devenues des réalités.
Même s’il osait nous les faire voir en action, au fort des combats, plongeant, s’élançant, opérant leurs réactions d’après une méthode pareillement imaginée, dont les commissions techniques semblaient s’inspirer plus tard. Si l’on confrontait ces vieux dessins avec les photographies prises aujourd’hui sur la ligne de feu, l’on serait saisi d’étonnement, l’on éprouverait un sentiment d’admiration mêlé de crainte, comme devant l’œuvre du prophète.
Ces dons prophétiques, nous les retrouverons dans ce nouvel ouvrage. Mais, direz-vous, il s’agit ici d’une évocation du passé ; où serait la divination ? Elle sera partout, car on ne prophétise pas seulement le futur. C’est prophétiser encore que d’explorer le passé avec des vues nouvelles. Le prophète est surtout un Explorateur. Montrer les causes décèle une divination plus subtile que d’annoncer les effets. La patrie blessée a interrogé le devin, lisons sa réponse.

Le chapitre le plus impressionnant de cet ouvrage, consacré à la Kultur allemande, a réveillé en mois quelques sentiments personnels que l’auteur et ses lecteurs me pardonneront de publier ici même.
Par son texte serré, plein, nombreux, et par les admirables dessins qui le commentent, Robida nous explique la prussianisation de l’Allemagne, qu’un hideux troupeau d’universitaires a conduite au bord du gouffre où incessamment elle va trébucher et mourir ; et il note comme premiers responsables Frédérick Ier et Frédérick II. A mon avis, c’est surtout le deuxième qui a fait le mal.
...   ...
Et maintenant ouvrez le livre de Robida.
Le Recteur du collège des Augures, d’un crayon illuminé, a représenté pour nous les causes tragiques de cette guerre. Devant les entrailles palpitantes, il va découvrir les assassins, il va parler…
Ecoutons-le.
Georges D’ESPARBES - Palais de Fontainebleau – Cour des Adieux


Ce n'est bien sûr qu'une petite partie de ce prologue. Nous continuons avec le premier chapitre, qui va camper le décor, et s'intéresser aux origines de ce mal germanique.
 

Table des Chapitres :
  • Préface - p.5
  • Le Vautour de Prusse - p.9
  • I. Le Nid du Vautour - p.10
  • II. Le Burgrave de Nuremberg - Le Vautour s'engraisse - p.12
  • III. Les plaisirs du Concile - p.14
  • IV. La Marche de Brandebourg - Première rencontre du Vautour et des Bismarck. - Le premier canon - p.17
  • V. Le Vautour s'arrondit - p.19
  • VI. Orages et tempêtes - Retour de chance - Le Vautour monte en grade. - La Dame blanche - p.21
  • VII. L'armée du Roi-Sergent et sa garde de grenadiers géants. - La Kultur-Schlaque - p.23
  • VIII. La haute fortune du Vautour - p.28
  • IX. Le Vautour houspillé par l'Aigle - p.32
  • X. La Vautour digère. - Le Vautour Médite. La Kulture-Mensonge - p.34
  • XI. Prussification. - Organisation. - Préparation - p.38
  • XII. La Kultur-Krupp - p.42
  • XIII. Organisation. - Utilisation. - Mobilisation - p.46
  • XIV. Le Signal - p.48
  • XV. La Mort Allemande - p.52
  • XVI. L'Explosion - p.57

LE VAUTOUR DE PRUSSE



En l'année de sang et de carnage 1915, où le Vautour Hohenzollern au bec sanglant, put, d'un bout à l'autre de l'Europe transformée en charnier, se gorger à discrétion de chair saignante et pantelante, il y eut juste cinq cents ans que la fortune des Hohenzollern prit son essor définitif, cinq cents ans que le Vautour parti du rocher de Zollern, maigre et sec, plumes hérissées, griffes et bec tendus, l'œil brillant d'âpres convoitises, dirigea son vol vers le Brandebourg, vers les proies à venir, vers des destins plus hauts et plus larges, pour le plus grand malheur de tous les peuples d'Europe.
Et ce cinquième centenaire, il le célèbre à sa façon, dans une orgie satanique de flammes, de bombes, de torpilles, de gaz toxiques, a' acides et d'explosifs, martyrisant le cadavre de la Belgique assassinée, chantant le Te Deum de Wotan avec ses canons de 420 sur les cathédrales écroulées, broyant les peuples, déshonorant la guerre elle-même, coulant, les transatlantiques américains comme les simples chalutiers neutres ou les navires hôpitaux de la Croix-Rouge, fusillant, pillant, volant, violant, des plaines de Champagne aux marais de Pologne, des sommets alpestres ou vosgiens aux montagnes serbes et bulgares, des sables pharaoniques aux palmiers de Bagdad et aux gorges du Caucase.
Mais le poing du Destin va s'abattre enfin, et le châtiment suprême s'annonce pour le Vautour au bec sanglant.

 

LE NID DU VAUTOUR

 
Le nid primitif du Vautour, l'aire natale, le vieux burg de Zollern, s'érigeait au sommet d'une montagne de 800 mètres, Hobenzollernberg, sur un cône de rochers abrupts surgissant au-dessus des forêts, au centre d'une très minuscule principauté enclavée dans le Wurtemberg, à mi-chemin entre Stuttgart et Constance.
Du haut de son burg juché sur l'extrême pointe du rocher, le burgrave dominait les plaines au loin, il surveillait 'les routes et pouvait s' élancer sur la proie qui venait imprudemment s'offrir. 



Vautours et burgraves de proie, les Zollern le furent obscurément pendant des siècles, comme tant d'autres rapaces, campés et fortifiés sur tous les rocs, sur tous les mamelons des pays rhénans, des Alpes à la mer.
Rauberitters, chevaliers voleurs, ravageurs du plat pays, détrousseurs des convois de marchands sur les routes, houspilleurs des voisins plus faibles et pilleurs des villes qui se laissaient surprendre, ils furent tout cela longtemps, obscurément, mais très fructueusement, car ils purent entasser dans leur bauge de rocs escarpés et de rudes • murailles, d'importantes richesses conservées avec une prudente économie, et dont ils surent toujours, au moment favorable, tirer bon parti.
Le nid du Vautour qu'on voit aujourd'hui, le château actuel de Hohenzollern, n'est qu'une reconstitution; c'est du gothique de 1850, plaqué sur les ruines du vieux burg détruit en 1423 par les troupes des villes de la Hanse, dans une expédition vengeresse contre les burgraves détrousseurs de la région.
Le burg tomba, mais le Vautour en était parti. Déjà il avait porté son vol plus loin et plus haut. 


(A suivre)

Liste des 16 H.T. coul. en tirés à part :
  • Le premier nid du vautour Hohenzollern p. 5
  • L'appétit de la pieuvre p. 9
  • Le Burgrave de Nuremberg p. 13
  • L' Allemagne lacrymogène p. 17
  • La ronde des fantômes p .21
  • Le flot rouge p. 29
  • Kultur-mensonge p.33
  • Kultur-Krupp p.39
  • La messe de Wotan p. 43
  • Le signal p.47
  • La mort allemande p. 51
  • Dumdumistes et tueurs d'officiers p. 53
  • La Croix de fer p. 55
  • L'amiral Torpillitz p. 57
  • L'Allemagne carnassière p. 59
  • Au muséum p. 61



samedi 11 mars 2017

A table... avec Robida - La Bonne Cuisine pour Tous !!


http://albert-robida.blogspot.fr/2007/12/telephonoscope-n14-lalimentation-passee.htmlCe n'est pas une grande nouvelle, Albert Robida s'est intéressé aussi bien à la cuisine d'hier que celle d'aujourd'hui (à son époque bien sûr), et à celle de demain (assurément la plus marquante).
C'est d'ailleurs la thématique du Téléphonoscope n°14 d'octobre 2007 !

A de nombreuses reprises, Albert Robida nous a invité aux tables médiévales à travers de nombreux écrits, et même de façons moins virtuelles, dans les restaurants du Vieux Paris à l'Exposition universelle de 1900.

Il a aussi imaginé de manière ingénieuse comment, dans le futur, nous mangerons, ce que nous aurons à notre table et surtout, comment et sous quelle forme cette nourriture nous sera livrée.

Mais il a aussi été un ardent défenseur de l'art culinaire, de la gastronomie contemporaine, en illustrant avec le brio et l'humour qu'on lui connaît, de nombreux ouvrages et revues culinaires.

De 1902 à 1904, Albert Robida collabore avec le journal La Bonne Cuisine pour Tous, un bi-mensuel lancé par le chroniqueur Fulbert-Dumonteil (1831-1912). Il en illustre la couverture (identique pour chaque édition), et un dessin différent dans chacun des 31 numéros parus pendant ces 3 années.


Ce n'est bien sûr pas la première revue culinaire illustrée, mais elle se démarque des autres, justement grâce aux illustrations de Robida. La concurrence propose plutôt des illustrations techniques, des conseils de cuisine illustrés, mais Albert Robida apporte de la joie et de la vie grâce à ses dessins frais et amusants... de quoi mettre l'eau à la bouche et la main à la pâte... de manière festive !

dimanche 19 février 2017

Pour raviver l'œuvre d'Albert Robida !

Il s'agit de l'exposition « Machines à dessiner » de Schuiten et Peeters au Musée des Arts et Métiers.

D'emblée le nom d'Albert Robida est cité dans la première salle qui introduit l'œuvre des deux comparses au talent immense. Le deuxième tome de la bande dessinée "Revoir Paris" est sorti il y a peu. Une exposition superbe sur laquelle planent les ombres de Jules Verne et Albert Robida, véritables dieux tutélaires sympathiques pour ces deux Belges brillants et enthousiastes qui n'en finissent pas de nous embarquer dans leur univers merveilleux à l'instar de leurs illustres modèles.
Faites passer l'information !


Sachez que l'exposition prévue jusqu'au 26 février 2017 vient d'être prolongée d'un mois.



Le Musée des arts et métiers présente, du 25 octobre 2016 au 26 mars 2017, Machines à dessiner, une exposition exceptionnelle, fruit d’une collaboration avec François Schuiten et Benoît Peeters, auteurs des Cités obscures et de Revoir Paris. Pivot de l’exposition, le dessin s’y dévoile comme une activité à la fois technique et poétique, entre précision et imagination.

Salle d'exposition temporaire
Directement accessible depuis l’entrée du musée, cet espace est entièrement dédié à la présentation des expositions temporaires.

Plein tarif : 6 € / Tarif réduit : 4 €, réduction : étudiants, enseignants, moins de 18 ans, présentation du billet pour l'exposition Hergé au Grand Palais.
Gratuité : – 5 ans, demandeurs d’emploi, guides conférenciers, amis du Musée des arts et métiers, personnel Cnam, personne en situation de handicap + 1 accompagnateur, un accompagnateur atelier pédagogique (par groupe de 10 enfants), cartes ICOM/Amcsti/Invitation permanente, carte Sésame, auditeurs Cnam, journalistes.




Construite autour de la confrontation entre les collections scientifiques et techniques du Musée des arts et métiers et une large sélection de travaux graphiques, Machines à dessiner invite à découvrir l’imaginaire singulier des deux auteurs. A la fois source d’inspiration et d’émerveillement, les objets et documents choisis dans les réserves du musée sont les rouages d’une vertigineuse ingénierie du rêve. Projections, ambiance sonore, jeux de lumières, l’exposition invite le visiteur à entrer dans l’atelier de François Schuiten et lui propose de dessiner avec lui, l’entraînant dans sa vision du monde, entre réalisme et onirisme.

Que l’on soit bédéphile ou néophyte, dessinateur confirmé ou croqueur amateur et quel que soit notre âge, Machines à dessiner est aussi conçue comme une machine à libérer l’imaginaire de chacun. L’exposition fait le pari de la transmission et trace des passerelles entre disciplines : art, sciences, techniques et entre générations. Plus sensible que didactique, elle donne à voir des machines comme nul historien des techniques ne les verra jamais, avec un regard d’adoration qui en fait surgir toute la beauté. Une beauté presque surréelle, venue d’une cité qui n’a plus rien d’obscur.




Commissariat

François Schuiten

François Schuiten est né à Bruxelles le 26 avril 1956, dans une famille où l’architecture tient une grande place. À l’atelier bande dessinée de l’Institut Saint-Luc, il rencontre Claude Renard avec qui il réalise deux albums : Aux médianes de Cymbiola et Le Rail. Avec son frère Luc, il élabore au fil des ans le cycle des Terres creuses. Depuis 1980, il travaille avec Benoît Peeters à la série Les Cités obscures ces albums ont été traduits en une douzaine de langues et ont obtenu de nombreux prix. Il a obtenu en 2002 le Grand prix d’Angoulême pour l’ensemble de son œuvre. François Schuiten a également participé à la conception visuelle de plusieurs films, dont Taxandria de Raoul Servais, Mars et Avril de Martin Villeneuve mais aussi Mr Nobody de Jaco Van Dormael. Auteur de très nombreuses réalisations scénographiques, dont la station de métro Arts et Métiers, il fut le responsable du gigantesque pavillon thématique A Planet of visions qui accueillit cinq millions de visiteurs à l’Exposition Universelle de Hanovre en l’an 2000, ainsi que du pavillon belge à l’Exposition de Aïchi en 2005. Il est le concepteur du Train World de Bruxelles, qui remporte un succès considérable depuis son ouverture à l’automne 2015.

Benoît Peeters
Benoît Peeters est né à Paris le 28 août 1956. Ancien élève de Roland Barthes, il a publié de nombreux ouvrages, dans des genres très divers. Il est l’auteur avec François Schuiten de la série, couronnée en 2013 par le Grand prix manga au Japan Media Arts Festival. Spécialiste d’Hergé, il a publié trois ouvrages qui ont fait date, Le Monde d'Hergé, Hergé fils de Tintin et Lire Tintin, les bijoux ravis, ainsi que plusieurs essais sur la bande dessinée, le storyboard, Hitchcock, Nadar, Paul Valéry, etc. Il a collaboré avec le dessinateur Frédéric Boilet, la photographe Marie-Françoise Plissart et le cinéaste Raoul Ruiz. Il a aussi réalisé trois courts métrages, plusieurs documentaires et un long métrage, Le dernier plan. Commissaire de nombreuses expositions, il s’est occupé avec François Schuiten de la restauration et de l’aménagement scénographique de la Maison Autrique, premier édifice Art Nouveau du grand architecte belge Victor Horta. Il a publié la première biographie du philosophe Jacques Derrida, ainsi que Trois ans avec Jacques Derrida, les carnets d’un biographe, et plus récemment Valéry, tenter de vivre.

mercredi 15 février 2017

Octave Uzanne et la Française du Siècle – par A. Robida

C’est en 1886 que La Française du Siècle, modes, mœurs, usages, par Octave Uzanne, sort des presses de l’imprimeur A. Quantin à Paris. Cet ouvrage a été richement illustré d’aquarelles d’Albert Lynch, un pur bonheur pour les yeux.

Albert Robida, ami d’Octave Uzanne, en fait écho dans le n°318 dans La Caricature de 1886, avec une illustration qui résume à elle-seule, ou presque, l’état des lieux féminin auquel se livre Uzanne dans ce livre.


On le trouve gentiment « croqué » par Robida. Il est à son bureau, passant en revue les belles parisiennes qu’il évoque dans ce nouvel ouvrage… Elles sortent de leur carton à chapeau.


A noter sur la gauche, le carton entrouvert de la française de 1890, qui guigne, mais n’est pas encore sortie. Pour l’heure, il semble que ce soit celle de 1800, en cours d’effeuillage, qui ait les honneurs du maître !

La Caricature n°318 – 30 janvier 1886, p. 34.

Octave Uzanne et la Française du Siècle – par A. RobidaJadis d’un bout de siècle à l’autre, la femme était à peu près la même ; nous vivons plus vite maintenant et l’espèce toujours charmante se subdivise tous les vingt ans en variétés nouvelles. Octave Uzanne, après l’Eventail, après l’Ombrelle, étudie cette autre fragilité, la Française du Siècle, et d’un fin pastel dessine l’une après l’autre ses variétés et transformations si nombreuses. C’est la Grande Revue Galante, voici les citoyennes merveilleuses du Directoire, les belles du premier Empire, adorées par les superbes officiers, les femmes tendres en manches à gigot de la Restauration, les beautés romantiques, les lionnes, les cocodettes, les gommeuses, etc. Il n’est pas jusqu’à celles de 1889 qui ne se trouvent dessinées et croquées pour le dessert.


jeudi 19 janvier 2017

Le Avventure straordinarissime di Saturnino Farandola.... 1913 !!

Nous connaissons tous l’ouvrage « Voyages très extraordinaires de Saturnin Farandoul – Dans les 5 ou 6 parties du monde – et dans tous les pays connus et même inconnus de L. Jules Verne », textes et dessins d’Albert Robida, édité à la Librairie illustrée, M. Dreyfous, en 1879. Un ouvrage de 808 pages, paru tout d’abord sous la forme de 100 livraisons hebdomadaires, ou en 20 séries de 5 livrets. Très recherché, cet ouvrage richement illustré ne comprend pas moins de 450 dessins en noir et blanc, et 50 hors textes en couleur.

Mais connaissez-vous le film ?

Bien sûr, il n’est pas récent, et il faut le chercher du côté de nos amis transalpins ! La société Ambrosio Film de Turin a en effet produit le film « Le Avventure straordinarissime di Saturnino Farandola » en 1913, dont le visa de censure autorisant sa diffusion est daté de janvier 1914.


Cette version cinématographique écrite par Guido Volante (connu pour deux films seulement : « Amour de Reine » et « Saturnin Farandoul »), comporte 4 parties (5 pour le livre) : L’île des singes ; À la recherche de l’éléphant blanc ; La reine des Makololos ; Farandoul contre Philéas Fogg. Ce film est dirigé et joué par Marcel Fabre, acteur d’original espagnole, de son vrai nom Marcel Fernàndez Perèz (1885-1929), a connu un certain succès en France à travers des films comiques réalisés par les sociétés Pathé et Eclair.

(L’ouvrage Saturnin Farandoul a fait l’objet d’une étude complète dans le Téléphonoscope n°3)

Quelques photos extraites du film :








lundi 2 janvier 2017

BONJOUR, BON AN, souhaits de bonne année. – par A. ROBIDA

L’Association des Amis d’Albert Robida vous souhaite à toutes et tous une très belle année 2017, que tous vos vœux soient exaucés !

Avec un léger décalage de 130 ans – une paille – Albert Robida nous prodigue ses souhaits de bonne année, dans le numéro 366 de La Caricature, du 1er janvier 1887.


A la France, la santé du corps, de l’âme et de la bourse. Et pour commencer souhaitons-lui le moyen d’équilibrer une bonne fois sérieusement son budget. Nous lui offrons timidement une idée pour cela : Tous les fonctionnaires depuis M. Grévy, les ministres, les députés, jusqu’aux gardes champêtres seront mis quinze jours par mois à la liqueur Succi et par conséquent ne mangeant que la moitié du temps, ne toucheront plus que la moitié de leurs appointements. (Liqueur de M. Succi, permettait, paraît-il, de pouvoir jeûner aisément pendant plusieurs jours, sans perdre ses forces…)
 





A la France, encore, des ministres solides, incassables et inusables, ou pour le moins durant trois mois sans fêlure ! Encore une idée ! Si on faisait des ministres en caoutchouc, substance molle, douce, agréable au toucher mais très résistante à l’usage, s’aplatissant et se redressant ensuite sans douleur ? Si on les faisait à deux têtes ? Usés d’un côté ils se retourneraient tout seul de l’autre…



…Et pourraient au besoin faire peau neuve en se retournant comme des gants.
 





A l’Europe à la recherche de l’anti-obésité budgétaire, souhaitons un congrès pour faire adopter les résolutions suivantes : - Article 1er. – Les armées se composeront désormais de bataillons scolaires. – Article 2. – Les peintres militaires seront à peindre des moustaches aux jeunes héros.


 Aux députés, un long voyage au pôle Nord ou dans l’Afrique centrale pour étudier la politique coloniale.




 - Mademoiselle, tout ce que votre cœur désire – une âme qui comprenne la vôtre.

A vous cher monsieur Gogo, toutes les bonnes chances possibles à la bourse, que tout vous réussisse et qu’enfin au bout de l’année, vous ne perdiez pas plus de 7 fr. 50.

Qu’un goût effréné pour les pures jouissances que donnent les beaux-arts saisisse les capitalistes des cinq parties du monde.

- Qu’est-ce qu’on souhaite à son gros chéri ?
- Je me souhaite votre fidélité !
- Ah ! mon ami, si ça ne tenait qu’à moi !


A madame, d’immenses succès d’élégance.
A monsieur, des notes pas trop salées.


Et vous, enfants, je vous souhaite la sagesse ! Vous savez, n’est-ce pas, que ce mot ne veut pas tout à faire dire bousculade ?
Bien, vous avez compris.

Je vous souhaite la propreté.
Du courage à l’étude ! Continuez à vous montrer studieux !

Ne soyez pas gourmands, sans pousser cependant la sobriété aussi loin que Merlatti (un jeûneur...).
Ne criez jamais ! Qu’à l’avenir la plus grande tranquillité règne dans vos jeux, ne répandez pas trop les encriers.
Et ne vous tirez les cheveux que juste ce qu’il faut pour vous donner un peu d’agrément.

jeudi 15 décembre 2016

L'assemblée générale de l'Association des Amis d'Albert Robida... du samedi 3 décembre 2016


Nous tenons à remercier tous les membres présents lors de cette dernière assemblée générale.
Ce rendez-vous annuel permet au bureau de se réunir, de faire le point sur l'année écoulée, d'évoquer les événements qui se sont succédés et surtout, de réfléchir sur les futures actions à mener, et bien sûr, de choisir les thèmes des prochains Téléphonoscopes.
C'est aussi un moment incontournable pour les passionnés d'Albert Robida, un moment d'échange convivial autour d'une passion commune.

Le bulletin annuel de l'Association, le Téléphonoscope n°23 a été distribué aux membres. La thématique "Robida et les Loisirs" nous a procuré un numéro étoffé et ludique, qui a été très bien accueilli semble-t-il.
C'est un numéro assurément grand public, qui contribuera à mieux faire connaître notre auteur-illustrateur préféré !

Deux passionnantes interventions ont eu lieu lors de cette assemblée.
Merci à Françoise Sylvos pour "Les Loisirs dans les anticipations de la fin du 19e siècle" et Laurent Antoine pour "Les Cartes Postales illustrées par Albert Robida".

A noter que nous avons également accueilli un nouveau membre, M. Frédéric Douin, dont l'intéressante particularité est de rééditer (entre autres) des œuvres d'Albert Robida.
Après Les Voyages de Gulliver et Les Fabliaux et contes du Moyen Âge, les Éditions Douin (www.fdouin-editions.com) ont programmé la réédition de Le Trésor de Carcassonne qui est en cours de réalisation.
A suivre donc !


dimanche 27 novembre 2016

Assemblée générale de l'Association... samedi 3 décembre 2016

L'Assemblée générale de l'Association des Amis d'Albert Robida aura lieu le samedi 5 décembre 2015 de 16h30 à 19h à l'Hôtel de Massa, 38, rue du Faubourg Saint-Jacques. Paris 14e.
La réunion du Conseil de l'Association précèdera cette Assemblée et débutera à 15h.


Outre les débats concernant nos projets et réalisations, le Téléphonoscope nouveau consacré à Robida et les Loisirs sera distribué aux personnes présentes en deux exemplaires.

  1. La vie de l’Association en 2016, par Eric Blanchegorge.
  2. Rapport financier sur l'exercice 2016, par Marguerite-Marie Rebeyrat
  3. Elargissement du Conseil
  4. Perspectives et projets 2017
  5. Réponses aux questions des membres
  6. Exposés (à partir de 18H) : Les Loisirs dans les anticipations de la fin du 19e siècle : Robida et alii par Françoise Sylvos. Les cartes postales illustrées par Robida par Laurent Antoine
Le tout suivi d'un Pot amical et d'un repas au restaurant.

samedi 26 novembre 2016

Téléphonoscope n°23 - Robida et les Loisirs

Robida et les Loisirs

Sommaire :

  1. Editorial, par Eric Blanchegorge & Dominique Lacaze
  2. Tourisme culturel chez Robida par Michel Thiébaut
  3. Albert Robida et la Bretagne par Philippe Brun
  4. Les Bords de Seine au temps de Robida par Marielle Gobé et Jean-Louis Ayme
  5. Robida critique de théâtre par Philippe Burgaud
  6. Robida chroniqueur du Salon par Laurent Antoine et Dominique Lacaze
  7. Robida peintre de la convivialité : loisirs et plaisirs de la table par Patrice Warin
  8. Les Loisirs du futur selon Robida par Dominique Lacaze
  9. Voyages et distractions à l’Expo ! par Laurent Antoine

Bulletin des amis d'Albert Robida
Décembre 2016 - numéro 23


Auteurs : Laurent Antoine, Jean-Louis Ayme, Philippe Brun, Philippe Burgaud, Marielle Gobé, Dominique Lacaze, Michel Thiébaut, Patrice Warin

Robida et les Loisirs

À la fin du XIXe siècle et grâce au développement du chemin de fer, le tourisme prend un grand essor que Robida accompagne pardes livres abondamment illustrés sur les provinces de France ou les vieilles villes d’Europe, mais aussi par des guides touristiques, des affiches et de nombreux articles. Dans les destinations touristiques ainsi décrites, les bords de mer et leurs plages et la chère Bretagne apparaissent souvent.



De façon plus générale, Robida est un important chroniqueur des loisirs de son temps dans divers journaux ou revues, mais principalement dans La Caricature qu’il dirige durant douze ans. Les chroniques théâtrales traitent des pièces de l’époque, de leurs différents genres et de leurs grands interprètes. On aborde les arts graphiques par le biais des comptes rendus du Salon annuel dont Robida caricature les oeuvres. À la fois spectacles et exploration du monde, les expositions universelles sont aussi les grandes fêtes de l’époque, aspect festif qu’on trouve encore dans les banquets et plaisirs de la table. Sans oublier les récréations champêtres des environs de Paris, spécialement en bord de Seine, par exemple à la Grenouillère.

On rappelle enfin l’importance des loisirs dans les anticipations de Robida qu’il s’agisse de l’explosion du tourisme due à la grande rapidité des transports ou de l’accès aux spectacles, à la culture et à l’information rendu peu coûteux par les nouveaux moyens de télécomunication.

Eric Blanchegorge & Dominique Lacaze


Site Association des Amis d'Albert Robida : http://www.robida.info

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